Escaliers et incendie : quelles normes pour l’évacuation d’urgence ?

L’évacuation d’urgence représente un enjeu crucial dans la conception et l’exploitation des bâtiments modernes. Les escaliers constituent l’épine dorsale des systèmes d’évacuation, permettant aux occupants de quitter rapidement et en sécurité un établissement en cas d’incendie. La réglementation française impose des normes strictes concernant les dimensions, la résistance au feu et l’aménagement de ces voies d’évacuation verticales. Ces exigences, définies par le Code de la construction et de l’habitation ainsi que par les arrêtés spécifiques aux établissements recevant du public, garantissent une évacuation efficace même dans les situations les plus critiques.

Réglementation incendie française : code de la construction et ERP

La sécurité incendie dans les établissements français repose sur un arsenal réglementaire complet qui définit précisément les conditions d’évacuation. Le Code de la construction et de l’habitation constitue le socle de cette réglementation, complété par des textes spécialisés selon le type d’établissement. Cette approche hiérarchisée permet d’adapter les exigences aux risques spécifiques de chaque catégorie de bâtiment.

Arrêté du 25 juin 1980 et dispositions spécifiques aux escaliers

L’arrêté du 25 juin 1980 relatif aux règles de sécurité contre les risques d’incendie et de panique dans les établissements recevant du public établit les fondements de la réglementation moderne. Ce texte détermine que les escaliers d’évacuation doivent respecter des largeurs minimales calculées en fonction de l’effectif théorique. La largeur d’une volée d’escalier correspond au nombre d’unités de passage multiplié par 0,60 mètre, avec des seuils particuliers pour une et deux unités de passage.

Les dispositions de cet arrêté imposent également que les escaliers soient libres de tout obstacle et permettent une circulation fluide. Les contremarches doivent être pleines pour éviter les chutes d’objets, tandis que les nez de marche doivent présenter un profil arrondi pour limiter les risques de trébuchement. Ces mesures techniques, apparemment simples, jouent un rôle déterminant dans la prévention des accidents lors des évacuations d’urgence.

Classification des établissements recevant du public selon l’effectif

La classification des ERP selon leur effectif détermine directement les exigences applicables aux escaliers d’évacuation. Les établissements de 1ère catégorie accueillent plus de 1500 personnes et nécessitent des mesures de sécurité renforcées. À l’inverse, les établissements de 5ème catégorie, dont l’effectif reste inférieur aux seuils d’assujettissement spécifiques à chaque type, bénéficient d’exigences allégées mais toujours strictes concernant l’évacuation.

Cette classification influence non seulement les dimensions des escaliers, mais aussi leur nombre, leur résistance au feu et les systèmes de sécurité associés comme l’éclairage de sécurité ou le désenfumage.

Normes NF P01-012 et NF P01-013 pour les dimensions d’escaliers

Les normes NF P01-012 et NF P01-013 précisent les règles dimensionnelles applicables aux escaliers dans les bâtiments. Ces référentiels techniques définissent les relations géométriques entre hauteur de marche et giron,

afin de garantir un confort de circulation acceptable en situation normale comme en situation d’évacuation. Elles apportent aussi des prescriptions sur la largeur minimale utile, la régularité des marches, l’absence de ressauts dangereux et la continuité des paliers. En pratique, ces normes servent de référence aux concepteurs pour concilier accessibilité, ergonomie et sécurité incendie dans les cages d’escalier, qu’il s’agisse d’escaliers principaux ou d’escaliers de secours.

Les normes NF P01-012 et NF P01-013 ne remplacent pas les textes réglementaires comme l’arrêté du 25 juin 1980, mais les complètent. Lorsqu’une contradiction apparente existe, c’est la règle de sécurité incendie la plus contraignante qui s’applique. Pour vous, maître d’ouvrage ou exploitant, l’enjeu est de vérifier que les escaliers sont à la fois conformes à ces normes dimensionnelles et aux exigences spécifiques liées au type d’ERP et à son effectif.

Exigences particulières des IGH selon l’arrêté du 18 octobre 1977

Les immeubles de grande hauteur (IGH) font l’objet de règles encore plus strictes en matière d’évacuation par escaliers. L’arrêté du 18 octobre 1977, complété par celui du 30 décembre 2011, impose notamment un compartimentage renforcé des niveaux et des cages d’escalier, afin de limiter la propagation du feu et des fumées dans la verticalité du bâtiment. Les escaliers doivent être encloisonnés, protégés par des parois coupe-feu de degré élevé (généralement REI 120) et desservir des niveaux organisés en compartiments indépendants.

Dans un IGH, l’évacuation générale n’est pas toujours la stratégie retenue ; la mise à l’abri dans des compartiments protégés peut être privilégiée. C’est pourquoi les escaliers sont conçus comme de véritables refuges verticaux, ventilés, désenfumés et alimentés par des systèmes de sécurité incendie de catégorie supérieure. Les portes donnant sur ces escaliers sont coupe-feu, munies de ferme-portes et de dispositifs de fermeture automatique commandés par le système de détection incendie. L’objectif : garantir, même en cas de sinistre majeur, des cheminements praticables pour les occupants et pour les sapeurs-pompiers.

Caractéristiques techniques des escaliers d’évacuation conformes

Au-delà du cadre réglementaire général, les escaliers d’évacuation doivent respecter un ensemble de caractéristiques techniques précises. Ces paramètres concernent principalement la largeur de la volée, la géométrie des marches, la résistance au feu des matériaux, ainsi que les équipements annexes comme les mains courantes, garde-corps et dispositifs d’éclairage de sécurité. C’est la cohérence d’ensemble de ces éléments qui garantit une évacuation d’urgence rapide et sûre.

Largeur minimale de volée selon l’effectif théorique

La largeur des escaliers d’évacuation est dimensionnée à partir de la notion d’unité de passage (UP). En ERP, une unité de passage correspond à une largeur de référence de 0,60 m, mais, par dérogation pratique, un escalier de 1 UP doit mesurer au moins 0,90 m et un escalier de 2 UP au moins 1,40 m. Au-delà de 3 UP, la largeur est calculée en multipliant le nombre d’unités par 0,60 m (3 UP = 1,80 m, 4 UP = 2,40 m, etc.).

L’effectif théorique évacué par un escalier d’1 UP est de l’ordre de 100 personnes. Concrètement, cela signifie que pour 300 personnes à évacuer, on dimensionnera au minimum 3 UP de largeur totale, à répartir sur un ou plusieurs escaliers selon les règles de répartition des dégagements. Il est en outre recommandé de ne pas se limiter aux minima réglementaires : dans les établissements à forte affluence ou à public vulnérable, surdimensionner légèrement la largeur des escaliers améliore significativement le confort d’utilisation et réduit les temps d’évacuation.

La réglementation impose également un nombre minimal d’escaliers. Par exemple, au-delà de 200 occupants dans un logement-foyer ou dans certains ERP, deux escaliers distincts sont requis, judicieusement répartis pour éviter les points de congestion. Pour être considérés comme deux dégagements distincts, ces escaliers doivent être distants d’au moins 5 mètres, ce qui permet d’assurer une redondance en cas d’obstruction ou de sinistre localisé.

Hauteur de marche et giron réglementaires pour l’évacuation

La géométrie des marches joue un rôle essentiel dans la sécurité des déplacements, en particulier lors d’une évacuation en situation de stress. Les normes NF P01-012 et NF P01-013 définissent la fameuse formule de confort 2h + g, où h est la hauteur de marche et g le giron (profondeur utile de la marche). Pour un escalier courant, cette valeur doit se situer entre 60 cm et 64 cm, ce qui conduit en pratique à des hauteurs de marche comprises entre 16 et 18 cm et des girons de l’ordre de 28 à 32 cm.

En contexte d’évacuation d’urgence, la régularité de ces dimensions est primordiale. Une seule marche plus haute ou plus basse que les autres peut provoquer un déséquilibre et un effet domino sur le flux de personnes. C’est pourquoi la réglementation exige que la variation de hauteur entre deux marches consécutives reste extrêmement faible (quelques millimètres au maximum). De même, les girons doivent être constants et les nez de marche bien visibles, éventuellement contrastés, afin de limiter les risques de chute, notamment dans une fumée basse ou un éclairage dégradé.

Il est par ailleurs strictement interdit d’introduire une ou deux marches isolées dans les voies de circulation principales. Toute rupture de niveau doit être traitée soit par un groupe d’au moins trois marches, soit par une rampe présentant une pente inférieure ou égale à 10 %. Cette règle, souvent rappelée par les commissions de sécurité, vise à réduire les accidents de chute lors des déplacements précipités vers les escaliers d’issue de secours.

Résistance au feu des matériaux : M0, M1 et REI selon l’eurocode

La sécurité incendie des escaliers ne se limite pas à leur géométrie : le comportement au feu des matériaux est un point central. Deux notions complémentaires interviennent ici : la réaction au feu (capacité d’un matériau à s’enflammer et à propager les flammes) et la résistance au feu (capacité d’un élément de construction à conserver ses fonctions porteuses et séparatives pendant un certain temps). En France, les anciennes classes M0 à M4 coexistent progressivement avec les euroclasses (A1, A2, B, etc.), tandis que la résistance au feu est exprimée en termes REI (par exemple REI 60, REI 120).

Pour les escaliers d’évacuation, on privilégie des matériaux incombustibles ou très difficilement combustibles, équivalents à M0 ou A1/A2 selon l’euroclasse. Les structures porteuses (béton, acier protégé, certains systèmes mixtes) doivent répondre à un degré de résistance au feu adapté à la hauteur du bâtiment et à sa catégorie : 1 heure (REI 60) pour de nombreux ERP, voire 2 heures (REI 120) pour les IGH ou les établissements à risques particuliers. Les parois d’encloisonnement de la cage d’escalier sont, elles aussi, dimensionnées pour résister au feu et aux fumées pendant la durée nécessaire à l’évacuation et à l’intervention des secours.

Vous vous demandez comment vérifier ces performances sur un chantier existant ? Les procès-verbaux d’essais, les certificats de classement et les rapports d’aptitude à l’emploi constituent vos références. En cas de doute ou de travaux de rénovation, faire intervenir un bureau d’études spécialisé en sécurité incendie permet de s’assurer que les solutions retenues (doublages, peintures, revêtements de marches) ne dégradent pas le niveau global de résistance au feu de l’escalier d’évacuation.

Spécifications des mains courantes et garde-corps anti-panique

Les mains courantes et garde-corps sont souvent perçus comme de simples éléments de confort. En réalité, ils jouent un rôle déterminant dans la sécurisation des flux d’évacuation, en particulier lorsque les escaliers sont empruntés par des personnes paniquées, âgées ou à mobilité réduite. La réglementation impose que les escaliers d’évacuation soient équipés de mains courantes continues des deux côtés, situées à une hauteur d’environ 0,90 m, facilement préhensibles et débordant légèrement en haut et en bas de l’escalier pour accompagner l’utilisateur.

Les garde-corps, quant à eux, doivent prévenir tout risque de chute dans le vide. Leur hauteur minimale est généralement de 1,00 m dans les escaliers, avec des remplissages conçus pour empêcher le passage d’un enfant (espacement des barreaux limité, absence de partie facilement escaladable). Dans les ERP, toute discontinuité ou fragilité du garde-corps peut devenir un point de danger majeur en cas de bousculade. On parlera de garde-corps « anti-panique » dès lors qu’ils sont dimensionnés pour résister à des efforts horizontaux importants, simulant la poussée d’une foule en mouvement.

Sur le plan pratique, veillez à ce que les mains courantes ne soient jamais interrompues par des éléments de décoration, des vitrines ou des poteaux techniques. Toute entrave peut provoquer un arrêt brutal du flux et un risque de chute. De même, l’entretien régulier (fixations, serrage, absence d’arêtes vives) est indispensable : un garde-corps desserré ou corrodé peut perdre brutalement sa fonction protectrice au moment précis où l’on en a le plus besoin.

Éclairage de sécurité BAES et BAEH dans les cages d’escalier

En cas d’incendie, la coupure de l’éclairage normal est fréquente, qu’elle soit volontaire (mise hors tension par les secours) ou accidentelle (dégâts sur le réseau électrique). Les escaliers d’évacuation doivent donc être équipés d’un éclairage de sécurité autonome, composé de blocs autonomes d’éclairage de sécurité (BAES) ou d’éclairage de sécurité alimenté par une source centralisée (BAEH). Ces dispositifs maintiennent un niveau lumineux minimal permettant aux occupants de se repérer et de descendre les marches sans danger.

La réglementation impose une implantation des points lumineux de manière à ce qu’aucune zone de la cage d’escalier ne se trouve dans l’obscurité. En pratique, dans les dégagements et circulations, la distance maximale entre deux foyers lumineux ne doit pas excéder 15 mètres. Les luminaires doivent être installés à proximité immédiate des changements de direction, des paliers et des issues de secours. Un point souvent sous-estimé : une simple diode défectueuse sur un BAES peut suffire à rendre l’installation non conforme lors d’un contrôle de la commission de sécurité.

Pour les établissements recevant du public comme pour les lieux de travail, un programme de maintenance périodique de l’éclairage de sécurité est obligatoire. Des essais mensuels ou trimestriels d’autonomie sont recommandés pour vérifier que les blocs tiennent au moins une heure de fonctionnement sur batterie. Conserver la trace de ces tests dans le registre de sécurité facilitera vos échanges avec les organismes de contrôle et les services d’incendie et de secours.

Systèmes de désenfumage et ventilation des cages d’escalier

La fumée est la première cause de décès lors d’un incendie. Dans une cage d’escalier, elle peut s’accumuler très rapidement et rendre l’évacuation impossible en quelques minutes. C’est pourquoi de nombreux textes imposent le désenfumage des escaliers, qu’il soit naturel (par ouvrants en façade ou en toiture) ou mécanique (par ventilateurs d’extraction et amenées d’air). L’objectif est double : permettre aux occupants de conserver une visibilité minimale et limiter la température et la toxicité de l’atmosphère dans les dégagements verticaux.

Selon le type de bâtiment, plusieurs configurations sont possibles. Dans les immeubles d’habitation de 2e famille collective et de 3e famille A, les escaliers doivent être désenfumés par un exutoire ou un ouvrant en partie haute, manœuvrable depuis le rez-de-chaussée et parfois associé à un détecteur autonome déclencheur. Dans les ERP de grandes dimensions et les IGH, on recourt plus fréquemment à des systèmes de désenfumage mécanique, pilotés par une centrale de mise en sécurité incendie : les volets de désenfumage s’ouvrent au niveau sinistré, tandis que les ventilateurs extraient les fumées et les gaz chauds vers l’extérieur.

Pour être efficaces, ces systèmes de désenfumage doivent être pensés comme un ensemble cohérent avec les portes coupe-feu, les sas, les escaliers encloisonnés et les circulations horizontales. Une mauvaise coordination peut au contraire favoriser la propagation des fumées d’un niveau à l’autre. Par exemple, déclencher le désenfumage d’une circulation à un niveau non sinistré peut faire remonter des fumées depuis un étage inférieur : c’est un peu comme ouvrir une fenêtre mal placée pendant un feu de cheminée, le tirage se fait alors du mauvais côté.

L’exploitation quotidienne ne doit pas compromettre ces dispositifs. Il est impératif de proscrire le blocage des exutoires en position fermée (pour des raisons de confort thermique) ou l’obstruction des amenées d’air par des stockages. Les commandes manuelles de désenfumage doivent rester accessibles et clairement identifiées. Un programme de maintenance annuel, réalisé par un technicien compétent, est exigé : tests de fonctionnement des volets et exutoires, vérification des asservissements à la détection incendie, contrôle des ventilateurs et de leur alimentation électrique en amont de la coupure générale.

Signalétique d’évacuation et balisage photoluminescent

La meilleure cage d’escalier d’évacuation perd une grande partie de son efficacité si les occupants ne savent pas où elle se trouve ni dans quel sens l’emprunter. La signalétique d’évacuation joue ici un rôle essentiel. Dans les ERP comme dans les lieux de travail, les issues de secours et les voies d’évacuation doivent être repérées par des panneaux normalisés, généralement de couleur blanche sur fond vert, indiquant la direction de la sortie (flèches, pictogramme d’une personne en mouvement, escalier, etc.).

Les panneaux « Sortie » et « Sortie de secours » doivent être visibles en permanence, y compris lorsque la porte est ouverte. Ils sont idéalement placés au-dessus des portes d’accès aux escaliers ou à proximité immédiate, et répétés le long du cheminement. En cas d’impossibilité (hauteur sous plafond réduite, contraintes architecturales), on veillera à les fixer sur les côtés, sans que l’ouverture de la porte ne vienne les masquer. L’utilisation de modèles photoluminescents est particulièrement recommandée : ils continuent de briller dans l’obscurité après une coupure de courant, guidant les personnes vers les dégagements verticaux.

Dans les ERP, le balisage des dégagements est renforcé par l’éclairage de sécurité. Toutefois, il convient de distinguer la signalisation des sorties (souvent matérialisées par des textes et pictogrammes) du balisage des dégagements (pictogrammes de direction, flèches, marquage des marches). Pour les escaliers, des bandes photoluminescentes en nez de marche et le long des plinthes ou des mains courantes peuvent constituer une aide précieuse, notamment lorsque la fumée laisse une visibilité limitée à hauteur d’homme mais encore satisfaisante au niveau du sol.

Vous hésitez sur le nombre et l’implantation des panneaux ? Une bonne pratique consiste à se placer « dans la peau » d’un visiteur ne connaissant pas les lieux et à simuler un départ d’incendie : depuis chaque zone accessible au public, doit-on pouvoir repérer facilement un panneau de direction vers une issue de secours ou un escalier d’évacuation ? Si la réponse est non, il est pertinent de densifier la signalétique, en veillant à ne pas créer de confusion par une surabondance de messages.

Contrôles périodiques et vérifications réglementaires des installations

Concevoir des escaliers conformes aux normes d’évacuation d’urgence ne suffit pas ; encore faut-il maintenir ce niveau de sécurité dans le temps. La réglementation française impose une série de contrôles périodiques et de vérifications des installations, qui concernent notamment les escaliers, leurs équipements annexes et les systèmes associés (éclairage de sécurité, désenfumage, portes coupe-feu). Ces vérifications sont consignées dans un registre de sécurité, obligatoire en ERP et fortement recommandé dans les autres bâtiments.

Les commissions de sécurité (CCDSA) effectuent des visites régulières dans les ERP, tous les 3 ou 5 ans selon la catégorie et le type d’établissement. Lors de ces visites, les inspecteurs vérifient que les escaliers d’évacuation sont dégagés, correctement signalés, convenablement éclairés et que les dispositifs de désenfumage et d’alarme fonctionnent. Un stockage ponctuel dans une cage d’escalier, une porte de secours verrouillée de l’intérieur ou un BAES hors service peuvent donner lieu à des observations, voire à un avis défavorable si les non-conformités sont jugées graves.

En parallèle, des organismes agréés interviennent pour la vérification technique des installations : systèmes d’alarme incendie, éclairage de sécurité, dispositifs de désenfumage, ascenseurs, colonnes sèches, etc. La fréquence de ces contrôles varie selon les équipements (annuelle pour la plupart). Pour ce qui concerne directement les escaliers, il est conseillé de planifier des inspections internes plus fréquentes : contrôle mensuel de la propreté et de l’absence d’objets encombrants, test des commandes d’éclairage de sécurité, vérification visuelle des mains courantes et garde-corps.

Du point de vue de l’employeur, le Code du travail impose aussi l’organisation d’exercices d’évacuation au moins une fois tous les six mois dans les établissements où se trouvent plus de 50 personnes ou où sont manipulées des matières inflammables. Ces exercices permettent de tester concrètement l’accessibilité et la capacité des escaliers, de mesurer les temps d’évacuation et d’identifier d’éventuels points noirs (goulets d’étranglement, marches non visibles, signalétique insuffisante). Les retours d’expérience doivent ensuite nourrir un plan d’actions correctives.

Enfin, n’oublions pas la dimension documentaire et organisationnelle. Le registre de sécurité doit mentionner : la liste du personnel chargé de la sécurité incendie, les consignes d’évacuation, les dates de tous les contrôles et exercices, ainsi que les travaux réalisés sur les cages d’escalier ou leurs équipements. En cas d’incendie ou de contrôle inopiné, ce registre constitue la « mémoire » de la sécurité du bâtiment et un élément clé pour démontrer votre diligence en matière de prévention des risques.

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