# L’escalier droit convient-il à tous les types d’espaces ?
L’escalier droit représente la solution la plus classique pour relier deux niveaux d’habitation. Sa géométrie linéaire, sa facilité de conception et son confort d’usage en font un choix prisé dans de nombreux projets de construction et de rénovation. Pourtant, cette configuration apparemment simple impose des contraintes dimensionnelles strictes qui ne s’adaptent pas à toutes les configurations architecturales. Entre les exigences réglementaires, les limitations spatiales et les particularités structurelles de chaque bâtiment, le choix d’un escalier droit nécessite une analyse approfondie de votre espace disponible. Comprendre les paramètres techniques qui déterminent la faisabilité d’une telle installation vous permettra d’éviter des erreurs coûteuses et de concevoir un aménagement véritablement adapté à votre logement.
Caractéristiques dimensionnelles et géométriques de l’escalier droit
L’escalier droit se caractérise par une volée unique sans changement de direction, ce qui simplifie considérablement sa conception mais impose des contraintes spatiales significatives. Cette configuration nécessite une surface au sol conséquente, directement proportionnelle à la hauteur à franchir entre les deux niveaux. Pour une hauteur standard de 2,80 mètres entre planchers, paramètre fréquemment rencontré dans l’habitat résidentiel contemporain, l’emprise au sol excède généralement 3,40 mètres en longueur, auxquels s’ajoute la largeur de passage réglementaire.
Emprise au sol et longueur de trémie pour un escalier droit standard
La trémie, cet espace découpé dans le plancher supérieur pour permettre le passage, constitue un élément déterminant dans la faisabilité d’un escalier droit. Pour une hauteur classique de 2,80 mètres, la trémie doit mesurer au minimum 3 mètres de longueur et 90 centimètres de largeur. Cette dimension minimale garantit un passage confortable et respecte les normes de sécurité en vigueur. L’emprise au sol, également appelée reculement, désigne quant à elle la surface totale occupée par l’escalier dans la pièce où il s’implante. Cette emprise atteint généralement 3,40 mètres pour une configuration optimale, dimension qui peut augmenter si vous souhaitez améliorer le confort d’utilisation.
Plus la trémie s’allonge, plus l’escalier gagne en confort avec des marches moins hautes et des girons plus profonds. À l’inverse, une trémie courte contraint à concevoir un escalier raide, avec des marches hautes et des girons étroits, configuration qui compromet significativement la sécurité et l’ergonomie. Dans les espaces restreints où la longueur de trémie disponible ne permet pas d’installer un escalier droit confortable, il devient nécessaire d’envisager des alternatives comme l’escalier quart tournant ou l’escalier hélicoïdal.
Rapport giron-hauteur selon la loi de blondel
La loi de Blondel, formule mathématique établie au XVIIe siècle par l’architecte François Blondel, demeure la référence incontournable pour déterminer le confort d’un escalier. Cette règle stipule que la somme de deux fois la hauteur de marche additionnée au giron doit être comprise entre 58 et 66 centimètres, idéalement autour de 63 centimètres. Concrètement, pour un escalier avec une hauteur de marche de 17 centimètres et un giron de 28 centimètres,
on obtient : 17 x 2 + 28 = 62 cm. L’escalier respecte donc la loi de Blondel et offre une montée confortable pour un usage quotidien. À l’inverse, si vous êtes contraint d’augmenter la hauteur de marche à 21 cm tout en réduisant le giron à 22 cm, le calcul donne 21 x 2 + 22 = 64 cm : on reste dans la plage acceptable, mais avec une pente nettement plus raide et fatigante, plus proche d’un escalier de meunier que d’un escalier principal.
Ce rapport giron/hauteur est particulièrement important dans le cas d’un escalier droit, car la pente reste constante du bas jusqu’en haut. Un mauvais dimensionnement se fera immédiatement sentir au quotidien, surtout pour les jeunes enfants, les personnes âgées ou les personnes à mobilité réduite. Pour un escalier droit confortable dans une maison individuelle, on privilégie en général des hauteurs de marches comprises entre 17 et 19 cm et des girons d’au moins 25 à 28 cm. Si la trémie ou l’emprise au sol ne permettent pas de respecter ces valeurs, il est préférable de revoir la forme de l’escalier plutôt que de forcer un escalier droit trop raide.
Largeur de passage réglementaire et ergonomie de circulation
Outre la longueur et la pente, la largeur de passage d’un escalier droit conditionne fortement son confort et sa sécurité. Dans l’habitat privé, la largeur minimale recommandée est de 70 cm, mais dans la pratique, une largeur de 80 à 90 cm est nettement plus ergonomique. À partir de 90 cm, deux personnes peuvent se croiser plus aisément, ce qui est appréciable pour un escalier principal desservant les pièces de vie. Dans les établissements recevant du public (ERP), la réglementation devient plus stricte, avec des largeurs minimales sensiblement supérieures.
En dessous de 70 cm de largeur, l’escalier droit perd son confort d’usage et se rapproche d’un escalier de meunier ou d’une échelle de meunier, difficile à emprunter en portant un objet volumineux. Vous le constaterez très vite au moment d’emménager : transporter un matelas, un lave-linge ou un grand carton devient alors un véritable casse-tête. Pour un escalier droit qui relie deux niveaux principaux, nous vous conseillons de viser au minimum 80 cm, voire 90 cm si la largeur de la pièce le permet, tout en prenant en compte l’encombrement du garde-corps et de la rampe.
Hauteur sous plafond minimale et risque de heurt
Dernier paramètre géométrique à ne pas négliger : l’échappée, c’est-à-dire la hauteur libre entre le nez de marche et le plafond ou la sous-face de la trémie. La valeur de référence communément admise est de 1,90 m minimum. En dessous de cette hauteur, le risque de se cogner la tête en montant ou en descendant l’escalier devient réel, en particulier pour les personnes de grande taille. Dans un escalier droit, où la trajectoire est rectiligne, toute erreur de calcul sur l’échappée se répétera sur plusieurs marches et gênera durablement l’usage.
Assurer une bonne hauteur sous plafond implique souvent d’allonger légèrement la trémie ou de reculer le départ de l’escalier, ce qui peut entrer en conflit avec l’espace disponible au sol. C’est là que l’on mesure les limites de l’escalier droit dans les habitations à faible hauteur sous plafond ou avec des planchers épais comprenant des poutres apparentes. Lorsque l’échappée de 1,90 m ne peut être obtenue qu’au prix d’un escalier très raide ou d’un reculement excessif, il est préférable d’opter pour une configuration tournante qui répartira la montée de manière plus astucieuse.
Contraintes architecturales limitant l’installation d’un escalier droit
Si l’escalier droit est séduisant par sa simplicité, il reste tributaire de l’architecture existante. Tous les logements ne disposent pas d’un mur suffisamment long ou d’une trémie assez généreuse pour accueillir une volée droite confortable. Dans les projets de rénovation, vous devez composer avec les murs porteurs, la position des poutres, la forme de la pièce et parfois même avec des éléments techniques (conduits, réseaux, gaines techniques) qui limitent les possibilités d’implantation. Dans ce contexte, se demander si l’escalier droit convient à tous les types d’espaces prend tout son sens.
Surface habitable réduite dans les logements compacts et studios
Dans un studio, un duplex compact ou une petite maison de ville, chaque mètre carré compte. Or, on l’a vu, un escalier droit confortable nécessite souvent plus de 3,40 m de reculement pour une hauteur d’environ 2,80 m. Cette emprise au sol est parfois difficile à concilier avec l’aménagement d’un séjour, d’un coin repas ou d’un bureau. Installer un escalier droit dans un petit espace revient parfois à sacrifier une partie significative de la surface habitable, au détriment du confort de vie au quotidien.
C’est pourquoi, dans les logements de petite surface, l’escalier droit est souvent remplacé par des solutions plus compactes : escalier quart tournant, double quart tournant, escalier en colimaçon ou escalier à pas japonais. Lorsque l’escalier droit est tout de même retenu, il se transforme souvent en escalier de meunier, plus raide, moins large et donc moins sécurisé, acceptable uniquement pour des accès secondaires (combles, mezzanine occasionnelle). Si votre projet concerne un petit appartement ou un studio, il est donc essentiel de vérifier si l’emprise d’un escalier droit ne pénalise pas exagérément la pièce de vie.
Configuration en L ou en U imposée par les murs porteurs
Dans de nombreuses maisons anciennes ou constructions mitoyennes, les murs porteurs définissent des volumes en L ou en U qui ne laissent pas de longue paroi libre pour développer un escalier droit. Les cages d’escalier sont alors naturellement positionnées dans les angles ou au centre du plan, ce qui favorise les configurations tournantes. Essayer d’y insérer un escalier droit implique souvent de lourds travaux de maçonnerie, avec ouverture de murs porteurs, mise en place de poutres métalliques et renforcement des structures, ce qui peut rapidement faire exploser le budget.
Dans ces contextes, les escaliers quarts tournants ou deux quarts tournants se révèlent plus adaptés car ils épousent la géométrie du bâtiment. Ils permettent d’exploiter les angles, de contourner des obstacles structurels et d’optimiser l’usage de la cage d’escalier existante. Vous l’aurez compris : si la structure de votre logement impose une circulation en L ou en U, un escalier droit ne sera pas forcément la solution la plus rationnelle, même s’il reste séduisant sur le papier.
Trémie étroite ou positionnement défavorable des poutres
Autre contrainte fréquente : la présence de poutres porteuses ou de solives qui limitent la largeur ou la position de la trémie. Dans une rénovation, il est rare de pouvoir agrandir la trémie sans intervenir sur la structure du plancher, ce qui implique une étude technique et parfois un renforcement par un bureau d’études. Si la trémie ne peut dépasser 2,40 m ou 2,60 m de longueur pour une hauteur de plancher à plancher de 2,80 m, l’escalier droit deviendra automatiquement plus raide et moins confortable, voire incompatible avec les recommandations de la loi de Blondel.
Par ailleurs, une trémie très excentrée par rapport à la pièce inférieure peut générer des circulations peu pratiques, avec un départ ou une arrivée d’escalier mal placés par rapport aux portes et aux fenêtres. Dans ces cas, adopter un escalier tournant ou hélicoïdal permet de repositionner plus librement les premières et dernières marches. Un escalier droit, en revanche, impose un alignement très contraignant entre la trémie et la volée, ce qui limite les marges de manœuvre pour s’adapter aux poutres et aux éléments porteurs existants.
Incompatibilité avec les combles aménagés à faible pente
Les projets d’aménagement de combles soulèvent eux aussi des contraintes spécifiques. Lorsque la toiture présente une faible pente ou une hauteur sous faîtage réduite, la zone réellement exploitable en hauteur debout se trouve souvent au centre de la pièce, loin des murs gouttereaux. Or, un escalier droit exige que l’arrivée se fasse dans une zone disposant d’une échappée suffisante (1,90 m minimum). Avec une pente de toit trop basse, il devient difficile de positionner la trémie de manière à respecter cette contrainte tout en conservant une emprise au sol raisonnable au niveau inférieur.
C’est dans ces configurations que les escaliers quart tournants, doubles quarts tournants ou hélicoïdaux prennent tout leur sens. Ils permettent de « déplacer » l’arrivée des marches vers la partie la plus haute du comble, tout en limitant l’impact sur le plancher inférieur. Un escalier droit, quant à lui, risquerait soit de déboucher dans une zone où l’on ne peut pas se tenir debout, soit d’exiger une trémie démesurée empiétant trop sur l’étage inférieur. Dans les combles à faible pente, l’escalier droit est donc rarement la solution la plus adaptée.
Alternatives techniques à l’escalier droit pour espaces restreints
Lorsque l’escalier droit ne peut pas s’intégrer de manière satisfaisante, il existe heureusement de nombreuses alternatives. Celles-ci permettent de concilier contraintes d’emprise au sol, confort d’usage et respect des normes, même dans des configurations difficiles. Le choix ne se limite pas à une question de forme : chaque type d’escalier offre des avantages spécifiques en termes d’ergonomie, de sécurité et de design. Examinons les solutions les plus couramment retenues dès que l’espace vient à manquer.
Escalier quart tournant avec angle à 90 degrés
L’escalier quart tournant constitue souvent le premier compromis envisagé lorsque la longueur disponible pour une volée droite est insuffisante. En introduisant un angle à 90 degrés, au départ, à l’arrivée ou en partie intermédiaire, on réduit la longueur totale nécessaire tout en conservant un bon niveau de confort. Les marches d’angle, appelées marches balancées lorsqu’elles sont soigneusement dessinées, assurent une transition fluide entre les deux volées et participent à une montée plus naturelle.
Sur le plan esthétique, l’escalier quart tournant permet aussi de structurer l’espace, par exemple en marquant la séparation entre une entrée et un salon. Il s’intègre facilement dans un angle de pièce et valorise des zones souvent perdues. D’un point de vue technique, il reste plus complexe à concevoir et à fabriquer qu’un escalier droit, mais il offre un excellent compromis entre encombrement réduit et confort de circulation. Si votre pièce est trop courte pour accueillir un escalier droit mais dispose d’un angle libre, le quart tournant est généralement la meilleure option.
Escalier deux quarts tournants et palier intermédiaire
L’escalier deux quarts tournants, parfois appelé escalier en U, intègre deux angles à 90 degrés, généralement avec un palier intermédiaire. Cette configuration est particulièrement intéressante lorsque l’on dispose d’une trémie rectangulaire mais de faible longueur. En répartissant la montée sur deux volées parallèles, reliées par un palier, on réduit significativement l’emprise linéaire tout en préservant des dimensions de marches confortables. Le palier joue en outre un rôle sécuritaire, en offrant une zone de repos et en interrompant une éventuelle chute.
Ce type d’escalier est très présent dans les maisons à étages multiples et les cages d’escalier centrales, où il optimise l’espace au cœur du bâtiment. Visuellement, l’escalier deux quarts tournants peut devenir un élément architectural fort, surtout lorsqu’il est associé à un garde-corps en verre ou en métal. Dans un projet où l’escalier droit occuperait trop de longueur ou créerait une circulation peu pratique, l’escalier en U avec palier intermédiaire est souvent une solution efficace et esthétiquement valorisante.
Escalier hélicoïdal et gain d’espace vertical
L’escalier hélicoïdal, ou escalier en colimaçon, représente la solution gain de place par excellence lorsque la surface au sol est très limitée. En s’enroulant autour d’un fût central, il concentre l’emprise au sol sur un disque de diamètre réduit, généralement compris entre 120 et 180 cm selon le niveau de confort souhaité. Contrairement à l’escalier droit, la longueur de trémie n’augmente pas avec la hauteur à franchir : seul le diamètre compte. Cela en fait une option de choix pour les mezzanines, les accès secondaires ou les petites cages d’escalier.
En revanche, l’escalier hélicoïdal demande certaines concessions en termes de confort, surtout lorsque le diamètre est réduit. Les marches sont plus étroites côté fût et le passage d’objets volumineux est plus délicat. C’est pourquoi on le réserve généralement à des usages moins intensifs (accès à un bureau en mezzanine, à des combles aménagés de manière occasionnelle, etc.). Si vous cherchez à préserver un maximum de surface habitable au sol tout en conservant un minimum de sécurité, l’escalier hélicoïdal constitue toutefois une alternative très pertinente à l’escalier droit.
Escalier à pas japonais ou à pas décalés pour trémies réduites
Dernière solution pour les espaces réellement contraints : l’escalier à pas japonais, aussi appelé escalier à pas alternés. Sa particularité réside dans la forme des marches, échancrées alternativement à gauche et à droite, ce qui permet de réduire fortement le reculement pour une même hauteur à gravir. On conserve une hauteur de marche classique, mais la profondeur utile est concentrée sous le pied d’appui principal, d’où une pente très marquée. Ce type d’escalier reste plus sécurisant qu’une simple échelle, mais moins confortable qu’un escalier droit ou quart tournant traditionnel.
L’escalier à pas japonais doit donc être réservé à des accès occasionnels, pour une mezzanine de couchage, un grenier ou un espace de rangement. Il est déconseillé pour les enfants, les personnes âgées ou toute personne ayant des difficultés de mobilité ou d’équilibre. On peut le voir comme un « compromis extrême » entre l’échelle et l’escalier, à envisager uniquement lorsque la trémie est trop réduite pour une solution plus classique. Avant d’opter pour cette configuration, interrogez-vous sur la fréquence d’usage et le profil des utilisateurs : accepteront-ils durablement cette gymnastique à la montée comme à la descente ?
Conformité réglementaire et normes d’accessibilité pour escaliers droits
Au-delà des contraintes d’espace, l’installation d’un escalier droit doit respecter un ensemble de règles et de normes visant à garantir la sécurité des usagers. Même dans un contexte privé où certaines obligations sont moins strictes que dans le tertiaire, ignorer ces références techniques peut conduire à un escalier inconfortable, voire dangereux. Dimensions des marches, présence et hauteur des garde-corps, caractéristiques des escaliers en bois : autant de paramètres à vérifier avant de valider votre projet d’escalier droit.
Norme NF P01-012 et dimensions minimales des marches
La norme française NF P01-012 fixe des recommandations détaillées concernant les dimensions des marches et des garde-corps pour les escaliers. Pour un escalier d’habitation privée, elle préconise notamment une hauteur de marche maximale de 21 cm et un giron d’au moins 21 cm, avec une échappée minimale de 1,90 m. Ces valeurs s’inscrivent en cohérence avec la loi de Blondel et visent à garantir un équilibre entre confort et sécurité. Dépasser ces limites fait basculer l’escalier dans la catégorie des escaliers raides, assimilables à des échelles de meunier.
La norme précise également les exigences relatives aux garde-corps : une hauteur minimale de 90 cm pour la main courante, un espacement maximal entre barreaux verticaux (11 cm) et des contraintes spécifiques pour les barreaudages horizontaux afin d’éviter l’escalade par les enfants. Si ces règles sont parfois perçues comme contraignantes, elles permettent de réduire significativement le risque de chutes graves, en particulier dans les escaliers droits où la chute peut se prolonger sur toute la volée sans interruption.
Réglementation ERP et accessibilité PMR
Lorsque l’escalier droit se situe dans un établissement recevant du public (ERP) ou dans un bâtiment soumis à des exigences d’accessibilité renforcées, les contraintes réglementaires deviennent plus strictes. La largeur minimale de l’escalier augmente, le nombre de marches consécutives sans palier peut être limité, et la hauteur des marches doit être réduite (en général autour de 16 à 17 cm) pour faciliter l’effort à la montée. Des dispositifs complémentaires, comme des nez de marches contrastés et antidérapants, sont également requis pour les personnes malvoyantes.
Pour les personnes à mobilité réduite (PMR), un escalier droit, même parfaitement conforme, n’est de toute façon pas considéré comme un moyen d’accès suffisant. Il doit être complété par une rampe, un ascenseur ou un élévateur selon la nature du bâtiment. Néanmoins, dans un logement individuel, prévoir un escalier droit suffisamment large et peu raide peut faciliter l’éventuelle installation ultérieure d’un monte-escalier, solution souvent choisie pour maintenir l’accessibilité à l’étage en cas de perte d’autonomie. Anticiper ces besoins dès la conception de l’escalier est une démarche prudente, surtout dans une résidence principale.
Exigences du DTU 36.1 pour escaliers en bois
Lorsque l’escalier droit est réalisé en bois, le Document Technique Unifié (DTU) 36.1 fournit un cadre précis pour la conception, la fabrication et la pose. Il détaille notamment l’épaisseur minimale des marches, les sections des limons, les modes d’assemblage autorisés et les tolérances dimensionnelles. Respecter ces prescriptions garantit non seulement la sécurité structurelle de l’escalier, mais aussi sa durabilité dans le temps, en limitant les risques de grincements, de déformations ou de fissurations prématurées.
Le DTU rappelle également l’importance de la protection de surface (huile, vernis, lasure ou peinture) à appliquer dans les semaines suivant la pose, afin de préserver le bois des chocs, de l’humidité et de l’usure quotidienne. Dans le cas d’un escalier droit, soumis à des efforts répétés sur les mêmes marches, cette protection devient essentielle pour conserver un bon niveau d’adhérence et éviter les glissades. S’appuyer sur les recommandations du DTU 36.1 et sur le savoir-faire d’un fabricant d’escaliers qualifié reste le meilleur moyen de sécuriser votre investissement.
Matériaux et structures portantes adaptés aux escaliers droits
Au-delà de la forme, le choix des matériaux et de la structure portante conditionne la faisabilité et le rendu final de votre escalier droit. Bois massif, métal, béton, structure mixte : chaque solution présente des avantages en termes de résistance, d’esthétique, d’épaisseur et de mise en œuvre. Dans un espace restreint, la finesse des éléments porteurs peut par exemple permettre de gagner quelques précieux centimètres de largeur de passage. Voyons comment les principales configurations structurelles influencent l’intégration d’un escalier droit dans votre habitat.
Limon central en acier versus double limon en bois massif
Le limon central en acier est une solution très appréciée pour les escaliers droits contemporains. Il consiste en une poutre métallique unique, située sous l’axe de la volée, sur laquelle viennent se fixer les marches. Grâce à la résistance mécanique de l’acier, ce limon peut rester relativement fin, ce qui allège visuellement l’escalier et laisse passer davantage de lumière. Dans un petit espace, cette transparence structurelle contribue à réduire l’impression d’encombrement, tout en offrant un style résolument moderne.
Le double limon en bois massif, quant à lui, constitue la solution traditionnelle par excellence. Les marches sont encastrées dans deux poutres latérales, dites limons à la française (avec entailles) ou à l’anglaise (en crémaillère). Cette structure procure une sensation de robustesse et de chaleur, très appréciée dans les intérieurs classiques ou scandinaves. En revanche, les limons bois sont généralement plus épais que leur équivalent métallique, ce qui peut empiéter légèrement sur la largeur de passage et sur la transparence visuelle. Le choix entre limon central acier et double limon bois doit donc concilier vos contraintes d’espace, vos préférences esthétiques et votre budget.
Crémaillère métallique et fixation murale latérale
Dans les pièces où un mur porteur longe toute la volée, l’escalier droit peut s’appuyer sur une crémaillère métallique fixée directement à ce mur. La crémaillère, découpée en forme de dents pour supporter les marches, offre une structure fine et très rigide, tout en laissant la sous-face de l’escalier relativement dégagée. Cette solution permet souvent de se passer d’un limon de ce côté, réduisant encore l’encombrement et accentuant l’effet de légèreté.
La fixation murale latérale présente un autre avantage : elle libère le côté opposé pour l’installation d’un garde-corps ou d’une rampe design (verre, câbles inox, barreaudage fin, etc.). Dans les petits volumes, cet équilibre entre un côté « plein » (le mur) et un côté « ouvert » permet de structurer visuellement l’espace sans alourdir la pièce. Techniquement, il faudra toutefois vérifier la capacité portante du mur (béton, parpaing, brique pleine ou cloison légère) afin de dimensionner correctement les ancrages et d’éviter tout risque de déformation.
Escalier autoportant en béton coffré sur place
L’escalier droit en béton, coffré sur place ou réalisé en éléments préfabriqués, reste une référence pour sa robustesse et sa longévité. Autoportant, il peut se passer de limons apparents et servir lui-même de structure à laquelle seront rapportés les revêtements finaux (carrelage, pierre, bois, résine, etc.). Dans les maisons neuves, il est souvent intégré dès le gros œuvre, ce qui limite les contraintes d’emprise au sol puisque la cage d’escalier est conçue autour de lui dès le départ.
En rénovation ou dans des espaces réduits, l’escalier béton exige en revanche une réflexion approfondie : sa masse importante et son épaisseur structurelle (marche + paillasse) peuvent réduire l’échappée disponible et alourdir visuellement la pièce. Pour atténuer cet effet, on peut jouer sur des nez de marches légèrement débordants, sur l’absence de contremarches ou encore sur un garde-corps en verre qui laisse passer la lumière. Si vous recherchez un escalier droit extrêmement durable, silencieux et personnalisable en finition, le béton autoportant reste néanmoins une valeur sûre.
Optimisation de l’intégration d’un escalier droit selon la typologie d’habitat
La pertinence d’un escalier droit dépend enfin très largement du type d’habitat dans lequel il s’insère. Maison neuve, rénovation lourde, duplex urbain, maison de ville étroite ou loft industriel n’offrent ni les mêmes volumes, ni les mêmes libertés structurelles. Pour savoir si l’escalier droit convient réellement à votre espace, il faut donc confronter ses qualités intrinsèques (confort, simplicité, linéarité) aux réalités de votre plan, de votre hauteur sous plafond et de vos usages quotidiens.
Dans une maison neuve ou un projet d’extension, vous avez la possibilité de concevoir dès l’origine une trémie suffisamment longue et un mur porteur adapté pour accueillir un escalier droit confortable, voire mettre en scène cet escalier comme un élément architectural central. À l’inverse, dans un petit duplex rénové ou dans une maison de ville ancienne, il sera souvent plus judicieux d’étudier plusieurs variantes (quart tournant, deux quarts tournants, hélicoïdal) avant de retenir une volée droite qui pourrait s’avérer trop encombrante. Prendre le temps de simuler différentes configurations avec un professionnel de l’escalier vous permettra de vérifier objectivement si l’escalier droit est, ou non, compatible avec votre espace et votre façon de vivre.



