Les escaliers de secours constituent un élément essentiel de la sécurité incendie dans tous les types de bâtiments. Qu’il s’agisse d’établissements recevant du public, d’immeubles d’habitation ou de sites industriels, ces dispositifs d’évacuation doivent répondre à des exigences réglementaires strictes pour garantir la protection des personnes. La conception et l’installation de ces escaliers font l’objet de normes précises qui encadrent leurs dimensions, leurs matériaux et leur implantation. Une connaissance approfondie de ces critères s’avère indispensable pour tous les professionnels du bâtiment et les maîtres d’ouvrage soucieux de conformité réglementaire.
Réglementation française des escaliers de secours selon le code de la construction
Le cadre réglementaire français concernant les escaliers de secours s’articule autour de plusieurs textes fondamentaux qui définissent les obligations selon le type d’établissement et son usage. Cette réglementation complexe nécessite une approche méthodique pour en saisir toutes les subtilités.
Arrêté du 25 juin 1980 sur les établissements recevant du public (ERP)
L’arrêté du 25 juin 1980 constitue la référence principale pour les ERP et fixe des règles précises concernant les escaliers d’évacuation. Ce texte impose notamment que la largeur des escaliers soit calculée en fonction de l’effectif théorique du bâtiment, avec un minimum de 1,40 mètre pour les constructions neuves. Les escaliers doivent être droits ou à révolution avec un angle de rotation maximum de 90 degrés entre les paliers.
Pour les établissements de type J (structures d’accueil pour personnes âgées ou handicapées), des dispositions particulières s’appliquent. La réglementation exige des paliers de repos tous les 19 marches maximum et impose l’installation de mains courantes de chaque côté de l’escalier. Ces exigences visent à faciliter l’évacuation des personnes à mobilité réduite en cas d’urgence.
Code du travail et obligations pour les établissements industriels
Le Code du travail, notamment à travers les articles R4227-1 à R4227-57, établit les obligations des employeurs concernant la prévention des incendies et l’évacuation des travailleurs. Ces dispositions s’appliquent aux établissements industriels et tertiaires et complètent la réglementation ERP. La largeur minimale des dégagements doit être adaptée à l’effectif : 0,80 mètre pour moins de 20 personnes, 1,50 mètre pour 20 à 100 personnes.
Les escaliers de secours dans les établissements industriels doivent également répondre aux exigences de résistance au feu et être construits en matériaux incombustibles. L’article R4227-28 précise que ces escaliers doivent être facilement accessibles et ne pas être encombrés par du matériel ou des marchandises.
Règlement de sécurité contre l’incendie relatif aux immeubles de grande hauteur (IGH)
Pour les immeubles de grande hauteur, l’arrêté du 18 octobre 1977 impose des contraintes particulièrement strictes. Les escaliers de secours doivent être protégés par des parois coupe-feu d’au moins 2 heures et équipés d’un système de mise en surpression. Cette surpression empêche la pénétration des fumées dans les cages
d’escalier, même en cas de dysfonctionnement des systèmes de désenfumage. Les escaliers d’IGH sont généralement conçus comme des escaliers encloisonnés, avec des portes coupe-feu à fermeture automatique et des matériaux incombustibles. La largeur, le nombre de volées et la présence de paliers intermédiaires sont calculés pour permettre l’évacuation simultanée de plusieurs niveaux sans engorgement, ce qui est crucial dans les immeubles de bureaux, hôtels de grande hauteur ou tours mixtes.
Enfin, le règlement IGH impose une redondance des cheminements d’évacuation : les escaliers de secours doivent être au minimum au nombre de deux, judicieusement répartis dans le plan des niveaux. Cette disposition limite le risque de point de blocage en cas de sinistre localisé et garantit la continuité de l’évacuation, même si un escalier devient impraticable.
Norme NF P01-012 sur l’accessibilité des escaliers d’évacuation
La norme NF P01-012, souvent citée en complément des textes réglementaires, traite principalement de la sécurité et de l’accessibilité des garde-corps, mais elle a un impact direct sur la conception des escaliers de secours. Elle précise notamment la hauteur minimale des garde-corps, la résistance aux efforts horizontaux et les dispositifs destinés à empêcher la chute des personnes. Ces exigences sont particulièrement importantes dans les escaliers d’évacuation, où le flux de personnes peut être dense et où la panique accroît les risques de heurts et de déséquilibres.
Dans une démarche globale de sécurité, la NF P01-012 s’articule avec les prescriptions relatives aux personnes à mobilité réduite (accessibilité PMR). Les escaliers de secours doivent intégrer des éléments de repérage visuel et tactile, des mains courantes continues et des dispositifs de protection contre les chutes. En pratique, cela se traduit par des garde-corps bien dimensionnés, des barreaux ou panneaux pleins limitant les vides et une prise en compte des usages réels (enfants, personnes âgées, usagers chargés de bagages, etc.).
Dimensions techniques réglementaires des marches et contremarches
Au-delà des textes de loi, la sécurité des escaliers de secours repose sur des dimensions normalisées permettant une circulation fluide et intuitive. Un escalier inconfortable ou irrégulier augmente considérablement le risque de chute, surtout dans un contexte d’évacuation d’urgence. Les normes françaises définissent donc des tolérances strictes en matière de hauteur de marche, de giron et de largeur utile, afin de concilier ergonomie et capacité d’évacuation.
Hauteur maximale de contremarche de 17 cm selon la norme française
En France, la hauteur de contremarche pour un escalier de secours est généralement limitée à 17 cm maximum pour les ERP et les bâtiments neufs. Cette valeur découle d’un compromis entre confort de marche et encombrement de l’escalier. Une marche trop haute fatigue rapidement les usagers et devient difficile à franchir pour les personnes âgées ou en situation de handicap, ce qui ralentit l’évacuation en cas de sinistre.
Les textes préconisent également une régularité parfaite de la hauteur de marche sur toute la volée, avec un écart admissible faible (souvent inférieur à 5 mm) entre la plus haute et la plus basse. Pourquoi cette exigence ? Parce que le corps humain s’adapte au rythme de montée après quelques marches ; une marche plus haute ou plus basse que les autres peut surprendre, provoquer un faux pas et, dans un escalier de secours, entraîner une chute en chaîne. On veille donc à une conception et une exécution très rigoureuses.
Giron minimum de 28 cm pour les escaliers droits
Le giron, c’est-à-dire la profondeur utile de la marche, doit être d’au moins 28 cm pour les escaliers droits dans les établissements recevant du public. Ce giron minimum garantit un appui complet du pied, même lorsque les personnes portent des chaussures volumineuses ou transportent des objets, ce qui est fréquent dans un contexte d’évacuation (sacs, ordinateurs portables, dossiers, etc.).
Un giron trop faible oblige l’usager à poser le pied de biais ou à empiéter sur la marche suivante, augmentant le risque de glissade. À l’inverse, un giron raisonnablement généreux améliore la stabilité et la confiance des occupants, y compris pour les personnes souffrant de troubles de l’équilibre ou de déficiences visuelles. Pour les escaliers balancés ou tournants, le giron est mesuré à une distance réglementaire du noyau, afin d’assurer un confort équivalent sur la ligne de foulée principale.
Calcul de la formule de blondel : 2H + G = 63 cm
La célèbre formule de Blondel (2H + G) permet de vérifier l’ergonomie d’un escalier. En France, on considère que la somme de deux hauteurs de marche (2H) plus un giron (G) doit se situer entre 60 et 64 cm, avec une valeur idéale proche de 63 cm. Cette relation empirique, issue de l’observation de la marche humaine, assure un compromis optimal entre confort et vitesse de déplacement.
Dans le cas d’un escalier de secours, respecter la formule de Blondel est d’autant plus important que les usagers peuvent être stressés, pressés et parfois encombrés. Un escalier trop « raide » (H élevée, G faible) sera difficile à descendre rapidement sans se retenir fortement à la main courante, ce qui ralentira le flux. À l’inverse, un escalier trop « plat » occupera trop d’espace pour une efficacité d’évacuation moindre. Calculer et vérifier systématiquement cette formule dès la phase de conception est donc une bonne pratique à adopter.
Largeur minimale de passage selon le type d’établissement
La largeur utile d’un escalier de secours est directement liée au nombre de personnes qu’il doit permettre d’évacuer. Les règlements ERP, le Code du travail et les textes relatifs aux IGH définissent des largeurs minimales, avec un seuil de 1,40 m pour de nombreux établissements accueillant du public. Cette largeur autorise le croisement de deux files de personnes, ainsi que le passage éventuel des secours à contre-courant.
Dans les petits établissements industriels, la largeur peut être réduite à 0,80 m ou 1,00 m en fonction de l’effectif, comme le rappelle l’article R4227-5 du Code du travail. Cependant, il est souvent pertinent d’anticiper une augmentation future des effectifs ou une évolution d’usage, et de prévoir une largeur supérieure à la stricte exigence réglementaire. Vous aménagez un bâtiment aujourd’hui ; mais qu’en sera-t-il dans dix ans, avec des équipes plus nombreuses ou des activités différentes ? Cette réflexion prospective fait partie intégrante d’une conception responsable.
Matériaux ignifuges et résistance au feu des escaliers de secours
Un escalier de secours n’est pas qu’un simple ouvrage de circulation : c’est un élément de sécurité incendie à part entière. À ce titre, il doit résister suffisamment longtemps au feu pour permettre l’évacuation des occupants et l’intervention des secours. Le choix des matériaux, des protections et des systèmes de fixation est donc encadré par des exigences de réaction et de résistance au feu (classement M, Euroclasses, degrés coupe-feu, etc.).
Les réglementations privilégient les matériaux incombustibles pour les structures principales des escaliers de secours : acier, béton, parfois aluminium pour certaines applications spécifiques. Lorsque des éléments combustibles sont inévitables (revêtements, habillages, mains courantes en bois), ils doivent présenter des performances de réaction au feu limitées et ne pas favoriser la propagation des flammes ou la production de fumées toxiques. L’objectif est clair : que l’escalier reste praticable le plus longtemps possible, même en cas d’incendie majeur à proximité.
En pratique, on veille également à la tenue au feu des ancrages et des platines, souvent soumis à des températures élevées lors d’un sinistre. Des peintures intumescentes ou des protections rapportées peuvent être mises en œuvre pour améliorer la résistance au feu des profils métalliques. Comme un pont suspendu qui doit rester debout malgré la tempête, un escalier de secours doit conserver sa stabilité structurelle bien au-delà de la durée d’évacuation prévue.
Éclairage de sécurité et signalétique obligatoire
Un escalier parfaitement dimensionné et conforme aux normes mécaniques perdrait une grande partie de son efficacité sans un éclairage de sécurité adapté et une signalétique claire. En cas de coupure de courant, de dégagement de fumées ou de panique, ce sont les dispositifs lumineux et les pictogrammes normalisés qui guideront les occupants vers l’extérieur. La réglementation française impose donc une combinaison d’éclairage d’ambiance, d’éclairage d’évacuation et de balisage des cheminements.
Blocs autonomes d’éclairage d’évacuation (BAES) conformes à la norme NF C 71-800
Les blocs autonomes d’éclairage de sécurité (BAES) jouent un rôle capital dans les escaliers de secours. Conformes à la norme NF C 71-800, ils assurent un éclairage minimal permettant de repérer les marches, les paliers, les changements de direction et les sorties, même en cas de défaillance de l’alimentation principale. Leur autonomie est généralement de 1 heure minimum, ce qui couvre largement la durée d’une évacuation ordinaire.
Ces appareils doivent être positionnés à des points stratégiques : au départ et à l’arrivée des escaliers, aux changements de direction et à proximité des portes d’issue de secours. Une maintenance régulière est indispensable pour garantir leur bon fonctionnement (tests mensuels, vérification annuelle). Il serait dommage de disposer d’un escalier aux normes mais de se retrouver dans l’obscurité totale au moment critique, faute d’un simple contrôle de batterie.
Pictogrammes ISO 3864 pour les issues de secours
La signalétique des issues de secours s’appuie sur des pictogrammes normalisés, en particulier ceux de la série ISO 3864. Ces panneaux, de couleur verte avec symboles blancs, indiquent clairement la direction à suivre (flèches, silhouette en mouvement, porte s’ouvrant, etc.) et l’emplacement des sorties d’évacuation. Leur compréhension est quasiment universelle, ce qui est essentiel dans les lieux accueillant un public international (centres commerciaux, aéroports, hôtels).
Dans un escalier de secours, les pictogrammes doivent être visibles depuis chaque palier et à chaque changement de direction. Ils complètent l’éclairage d’évacuation en offrant un repère visuel rassurant : en cas de fumée ou de stress, savoir « où aller » est aussi important que de « voir où l’on met les pieds ». Vous avez sans doute déjà remarqué ces panneaux photoluminescents qui continuent de briller dans l’obscurité : ils constituent une solution efficace pour maintenir la signalisation même en cas de coupure prolongée de courant.
Balisage lumineux des nez de marches selon l’arrêté du 19 novembre 2001
L’arrêté du 19 novembre 2001 relatif à l’éclairage de sécurité dans certains ERP a introduit des prescriptions spécifiques pour le balisage des cheminements, notamment au niveau des nez de marches. L’objectif est de rendre chaque marche nettement perceptible, y compris pour les personnes malvoyantes ou en présence de fumées basses. Des bandes contrastées et éventuellement photoluminescentes sont ainsi recommandées ou imposées selon les cas.
Le balisage lumineux des nez de marches agit comme une « ligne de vie visuelle » tout au long de l’escalier. Combiné à un revêtement antidérapant, il réduit significativement le risque de chute lors d’une évacuation précipitée. Dans certains projets, on intègre des rubans LED basse consommation encastrés ou des dispositifs lumineux ponctuels, à condition qu’ils respectent les exigences de robustesse, de maintenance et de non-éblouissement.
Éclairage d’ambiance minimal de 5 lux en fonctionnement normal
En fonctionnement normal, avant même de parler d’éclairage de sécurité, les circulations verticales doivent bénéficier d’un niveau d’éclairement suffisant pour un usage quotidien. Les textes de référence recommandent un éclairage d’ambiance d’au moins 5 lux dans les circulations de secours, afin de garantir une bonne lisibilité des marches et des paliers. Dans la pratique, de nombreux concepteurs visent des valeurs plus élevées pour améliorer le confort et la perception de sécurité.
Pourquoi cet éclairage « ordinaire » est-il important pour un escalier de secours ? Parce qu’un escalier mal éclairé au quotidien sera moins bien connu des occupants, donc moins intuitif à emprunter en situation de crise. À l’image d’une route que l’on parcourt régulièrement et que l’on peut presque suivre les yeux fermés, un cheminement d’évacuation familier et bien éclairé inspire davantage de confiance et réduit les hésitations le jour où l’alarme incendie retentit.
Garde-corps et rampes selon les normes NF P01-013
Les garde-corps et rampes d’escalier forment la « barrière de sécurité » qui empêche les chutes dans le vide et offre un appui stable pendant la montée ou la descente. La norme NF P01-013 définit les dimensions, les exigences de conception et les critères d’ergonomie de ces éléments. Dans un escalier de secours, où les flux peuvent être rapides et désordonnés, le rôle de ces dispositifs est encore plus crucial : ils doivent retenir, guider et rassurer.
Hauteur réglementaire de 1 mètre pour les garde-corps d’escalier
En ERP comme dans la plupart des bâtiments tertiaires, la hauteur réglementaire minimale d’un garde-corps d’escalier est fixée à 1 mètre, mesurée à partir du nez de marche. Cette dimension permet de limiter efficacement le risque de basculement par-dessus la protection, y compris lorsque les usagers se penchent ou sont bousculés dans le flux d’évacuation. Dans les logements individuels, une hauteur de 90 cm peut parfois être admise, mais pour un escalier de secours accueillant du public, le seuil de 1 mètre est la référence.
Il est également important de veiller à la continuité verticale de la protection : aucun « point faible » ne doit permettre à une personne de passer au-dessus ou au travers. Dans les configurations complexes (escaliers hélicoïdaux, trémies de grande hauteur, paliers intermédiaires vitrés), une étude attentive des hauteurs, retours et raccords s’impose pour garantir une ligne de protection ininterrompue.
Résistance mécanique aux charges horizontales de 100 dan/ml
Un garde-corps d’escalier de secours doit non seulement être à la bonne hauteur, mais aussi résister aux efforts importants générés par la foule en mouvement. La norme NF P01-012 fixe, pour les ERP, une résistance minimale à une charge horizontale de 100 daN par mètre linéaire (voire davantage selon les usages). Cela signifie qu’un groupe de personnes s’appuyant fortement sur la rampe ne doit pas provoquer de déformation dangereuse ni de rupture.
Concrètement, cela implique un dimensionnement sérieux des montants, des lisses et des ancrages dans la structure porteuse. Les systèmes de fixation doivent être vérifiés pour tenir dans la durée, en tenant compte des sollicitations répétées et des éventuels chocs. Un garde-corps, c’est un peu comme une ceinture de sécurité : on n’en mesure l’importance que le jour où il doit réellement jouer son rôle de protection.
Espacement maximal de 11 cm entre les barreaux verticaux
L’espacement entre les éléments verticaux d’un garde-corps (barreaux, remplissages ajourés) est limité à 11 cm maximum. Cette contrainte vise principalement à éviter le passage ou le coincement de la tête d’un enfant, un risque malheureusement documenté dans de nombreux accidents domestiques et publics. Dans un escalier de secours, où tous types de publics peuvent être présents, il serait inacceptable de négliger cet aspect.
Pour répondre à cette exigence tout en conservant une certaine transparence visuelle, de nombreux concepteurs optent pour des panneaux pleins (verre feuilleté, tôle perforée à faible ouverture) ou des barreaudages serrés. Le choix se fait en fonction de l’esthétique recherchée, du coût et de la facilité d’entretien, mais la règle des 11 cm reste un incontournable à respecter sur l’ensemble du linéaire.
Main courante ergonomique et préhensible sur toute la longueur
La main courante, souvent confondue avec le garde-corps, a une fonction spécifique : offrir une prise continue et confortable à la main pour accompagner le mouvement. Les textes imposent une hauteur comprise entre 80 et 100 cm, une section facilement préhensible (généralement circulaire ou ovoïde) et une continuité sur toute la longueur de l’escalier, avec un prolongement d’au moins une marche au-delà de la première et de la dernière marche.
Dans un escalier de secours, la main courante doit idéalement être présente des deux côtés, afin que chacun puisse s’y accrocher, quelle que soit sa position dans le flux. On veillera à éviter les arrêts brusques, les arêtes vives et les obstacles (poteaux, boîtiers, luminaires) qui pourraient gêner la coulisse de la main. Imaginez un couloir où la rampe serait interrompue à chaque porte : l’efficacité d’appui serait considérablement réduite ; il en va de même pour un escalier dont la main courante serait morcelée.
Contrôles périodiques et vérifications techniques obligatoires
Un escalier de secours conforme le jour de sa réception peut perdre progressivement ses qualités de sécurité s’il n’est pas entretenu et contrôlé régulièrement. Corrosion des éléments métalliques, desserrage des fixations, usure des revêtements antidérapants, défaillance de l’éclairage de sécurité : autant de facteurs qui, cumulés, peuvent compromettre son efficacité en cas d’évacuation. C’est pourquoi la réglementation impose des vérifications périodiques, notamment dans les ERP et les établissements soumis au Code du travail.
Les commissions de sécurité, les organismes de contrôle et les services de prévention des risques au travail réalisent des visites régulières pour vérifier la conformité des escaliers de secours. Ils s’assurent que les dégagements ne sont pas encombrés, que les portes d’issue de secours fonctionnent correctement, que les garde-corps et mains courantes sont intègres et que l’éclairage de sécurité est opérationnel. Des essais pratiques (tests des BAES, déclenchement d’alarme, exercices d’évacuation) complètent ces inspections visuelles.
Pour les exploitants, mettre en place un plan de maintenance préventive est une démarche fortement recommandée. Cela passe par la tenue d’un registre de sécurité, le suivi des interventions, le remplacement programmé des éléments vieillissants et la formation du personnel aux bonnes pratiques d’évacuation. Après tout, un escalier de secours n’est pas un simple « accessoire réglementaire » : c’est une assurance-vie collective, qui doit être prête à jouer son rôle à tout moment.



